Glossaire du Néolithique

Paléolithique : « l’âge de la pierre ancienne » a été défini par l’apparition des premiers outils lithiques (en pierre) façonnés par les premiers représentants du genre Homo en Afrique il y a 3 millions d’années et se termine à la fin de dernière période glaciaire il y a 12 000 ans. Le Paléolithique a été subdivisé en de nombreuses périodes différentes (archaïque, inférieur, moyen et supérieur) et il se termine par le Mésolithique, période de transition entre la fin de la période glaciaire et le Néolithique. La durée du Mésolithique peut varier d’une région à l’autre car il se termine par l’apparition de l’agriculture et de l’élevage, plus tardive en Europe qu’au Moyen-Orient par exemple.

Néolithique : « l’âge de la pierre nouvelle » nom « inventé » en 1865 par John Lubbock pour désigner la période pendant laquelle apparaît des outils en pierre polie. A l’heure actuelle, cette période est plutôt définie par la mise en place de la sédentarisation et de la domestication des plantes (agriculture) et des animaux (élevage). Apparue de façon indépendante dans plusieurs régions du monde, la première « révolution » néolithique a eu lieu au Moyen-Orient (-9 500 av JC), elle sera plus tardive en Europe (entre -6 500 et -2 500 av JC) où elle sera apportée par la migration de populations originaires d’Anatolie (Turquie actuelle).

Chalcolithique : « l’âge du cuivre » est la dernière période du Néolithique (Néolithique tardif), il est caractérisé par le début de la métallurgie (cuivre, or, argent). Débutant vers -5 500 en Anatolie, dans le Caucase et les Balkans, il se termine vers -3 000 av JC avec l’âge du bronze. Cette dernière période du Néolithique voit apparaitre les inégalités, les fortifications et les premières cités-Etats en Mésopotamie.

Culture archéologique : correspond à un ensemble d’artéfacts (éléments ou objets façonnés par l’homme) spécifique d’une période et d’une région.  Elle peut être définie par les techniques de taille des pierres (culture lithique) au Paléolithique et au Néolithique, et/ou par les techniques de fabrication et/ou les décorations des céramiques (cultures cardiale et rubanée). La définition de ces cultures permet de suivre leur diffusion qui peut correspondre à des échanges entre populations mais aussi à un déplacement des populations porteuses de ces cultures.

Natoufien : culture archéologique identifiée au Levant qui doit son nom à la vallée du Wadi en-Natouf (Cis-Jordanie actuelle) où le premier site fut identifié en 1928. Elle est caractérisée par les premières sédentarisations de la part de chasseurs cueilleurs qui vont construire des maisons semi-enterrées circulaires et donner naissance aux premiers villages. Ces populations commencent à exploiter des plantes et des céréales sans encore les domestiquer et elles enterrent leurs morts dans des sépultures proches de l’habitat. Des sites Natoufiens ont été retrouvés dans tout le Levant et plus au nord jusqu’aux rives de l’Euphrate, en Haute Mésopotamie, sur une période de près de 3 000 ans (-12 500/-9 500 av JC).

Culture à céramique imprimée: définie aussi par la décoration de ses céramiques (souvent imprimée à l’ongle), c’est la plus ancienne et la première culture céramique en Europe. Elle apparaît d’abord en Anatolie pour arriver en Grèce vers 6 200 av JC, elle poursuit son avancée vers l’ouest pour atteindre les côtes du sud de la France et de l’Espagne vers 5700 av JC. Elle est responsable de la Néolithisation de la partie méridionale et méditerranéenne de l’Europe.

Culture à céramique cardiale: dans la continuité de la culture à céramique imprimée, la culture cardiale est caractérisée par ses décorations faites par impression de la coquille de Cardium (coquillages bivalves, coques), elle est présente le long des rives de la méditerranée, de l’Italie à l’Espagne de -5700 à -5 000 av JC.

Culture à céramique rubanée ou linéaire: définie par la décoration de ses céramiques en rubans, elle s’étend entre -5 500 et -4 700, partant du sud-est de l’Europe (Hongrie, Bulgarie), remontant le long du Danube pour atteindre l’Allemagne puis le nord de la France. Elle y apporte l’agriculture et l’élevage et contribue à la néolithisation de l’Europe centrale.

Culture Yamna : cette culture a pris différents noms avant que les études génétiques n’établissent qu’elle était liée à l’expansion des Yamnayas, un peuple originaire des steppes pontiques que l’on trouve dans le sud-est de l’Ukraine et le sud-ouest de la Russie, à l’est de la mer Noire. Cette culture est caractérisée par ses sépultures dites à fosses (kourganes) et ses céramiques particulières en forme de cloche (campaniforme, bell beaker en anglais).

Cité-Etat : concept assez difficile à définir simplement, il est le résultat de la seconde révolution ayant lieu dans le Croissant fertile, la révolution urbaine, qui, à la transition entre la fin du Néolithique et le début de l’âge du bronze, voit la naissance des villes caractérisées par une administration centrale, sans doute dirigées par une élite politico-religieuse (roi-prêtres), et la mise en place de l’écriture, ainsi que par le développement d’activités artisanales spécialisées, d’échanges à longue distance (bois, métaux, pierres précieuses) et de bâtiments monumentaux correspondants à des temples dédiés à des divinités tutélaires (Inanna/Ishtar). En Mésopotamie, l’exemple le plus marquant est celui de la période d’Uruk (-4 100/-3 200), faisant suite à la période d’Obeid (-6 000/-4 000) qui verra la naissance du prototype des cités-Etats de Mésopotamie.

Frise#1:
Néolithique, naissance au Moyen-Orient et diffusion en Europe.